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Appel à communications – Voltaire et les Lumières au Québec : histoire ancienne ou nécessité présente ? Perspectives historiques et lectures actuelles

Appel à communications – Voltaire et les Lumières au Québec : histoire ancienne ou nécessité présente ? Perspectives historiques et lectures actuelles

61e journée d’échanges scientifiques de l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé

Centre d’archives Mgr-Antoine-Racine, Sherbrooke
7 et 8 avril 2022

Le contexte

Une exposition de documents inédits de Voltaire, appartenant au professeur Peter Southam, aura lieu au Centre d’archives Mgr-Antoine-Racine, à Sherbrooke, des mois de janvier à juin 2022. C’est dans ce cadre que l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé organise sa 61e Journée scientifique avec le thème suivant : « Voltaire et les Lumières au Québec : histoire ancienne ou nécessité présente ? », qui se tiendra les 7 et 8 avril 2022.

Les Lumières au Québec depuis le 18e siècle

Dans l’histoire culturelle du Québec, Voltaire a été présent dès les premiers imprimés. Ainsi, The Quebec Gazette/La Gazette de Québec rapporte l’exécution de Jean-François, chevalier de La Barre, dans son numéro du 16 février 1767. On y lit : « Le Febvre de la Marre a été condamné pour le crime mentionné ci-dessus […] à être décollé, et à avoir son corps jetté au feu, avec le Dictionnaire Philosophique de Voltaire, qui selon son propre aveu etoit un livre favori chez lui. » Mais c’est surtout dans La Gazette littéraire de Fleury Mesplet que Voltaire occupe une place considérable et où la philosophie des Lumières connaît une première véritable diffusion.

L’influence de Voltaire et de la pensée des Lumières a continué de se faire sentir au moment des Rébellions de 1837-1838, de l’Histoire du Canada de François-Xavier Garneau, des prises de position de l’Institut canadien de Montréal. Mais le contrôle clérical des lettres a fortement contribué à stigmatiser une philosophie qui conteste de manière frontale son autorité et établit les fondements de la tolérance et de la laïcité. Ces valeurs sont alors illustrées par des intellectuels comme Louis-Antoine Dessaulles, Louis-Joseph Papineau et son fils Amédée, Joseph et Gonzalve Doutre, Arthur Buies et sa Lanterne. Et que dire d’Honoré Beaugrand qui, dans La Patrie ou Le Farceur, pousse le voltairianisme aux confins de l’anticléricalisme ? Se déclarant ouvertement franc-maçon, il participe à cette dimension philosophique des Lumières à laquelle Voltaire avait adhéré à la fin de sa vie et qui, au terme du XIXe siècle, connaît au Québec un certain essor.

Qu’en est-il de la franc-maçonnerie, de Voltaire et des Lumières dans la première moitié du XXe siècle ? Seraient-ils moins présents qu’au siècle précédent ? Gérard Bessette, dans Le Libraire (1960), a fait de l’Essai sur les mœurs le cœur de son intrigue romanesque pour créer un affrontement épique entre le curé et le libraire, Hervé Jodoin. Mais ce dernier se montre critique quant à l’influence voltairienne : « J’ajoutai que, sans la réputation monstrueusement surfaite dont jouissait Arouet, réputation due en grande partie à la violence avec laquelle ses adversaires le dénigrent et le prohibent, il ne serait peut-être jamais venu à l’esprit du collégien de le lire ou, s’il l’avait fait et s’il était intelligent, il eût constaté à quel point la plupart des idées dudit Arouet sont superficielles, démodées, à l’exception de ses plaidoyers pour la tolérance… »

Qu’en est-il des Lumières depuis les années 1960 ?

Et depuis la Révolution tranquille ? Le débat sur la laïcité est exemplaire à cet égard. Notant la parution du manifeste sur la laïcité intitulé Pour un Québec laïque et pluraliste, Lysiane Gagnon doute de l’affirmation selon laquelle la laïcité fasse « partie de l’histoire du Québec », malgré Fleury Mesplet, l’Institut canadien, Jean-Charles Harvey, Refus global et autres… (La Presse, 18 mars 2010). Plus près de nous encore, que penser du politiquement correct, de ce que certains nomment la « culture du bannissement », ou du « mouvement woke » ?

Dans le domaine des lettres, à la suite de la fatwa contre Salman Rushdie, Christian Salmon faisait tomber ce verdict : « Toutes les protections, tous les verrous savamment ménagés depuis l’époque des Lumières, afin de protéger l’espace de la création, sont en train de sauter. » (Tombeau de la fiction, 1999). S’inquiétant de ce que « militantisme et “déconstruction” se conjuguent ainsi pour limiter l’exercice de la rationalité critique et le débat scientifique argumenté », de nombreux intellectuels français, dont Nathalie Heinich, François Rastier, Georges Élia-Sarfati ont fondé au mois de janvier 2021 un « Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires ». Comme ce fut le cas au XVIIIe siècle, l’Occident se trouverait-t-il balayé par une idéologie qui, cette fois, condamnerait sans appel l’apport des Lumières ?

Un colloque sur le passé et le présent

Le but de ce colloque s’inscrit en ligne directe avec ce que Todorov écrivait en 2006, dans un paysage culturel qui a de surcroît beaucoup changé en quinze ans :

Bien sûr, un simple retour au passé n’est ni possible ni souhaitable. Les auteurs du XVIIIe siècle ne sauraient résoudre les problèmes surgis depuis qui, chaque jour, déchirent le monde. Pourtant, mieux comprendre cette mutation radicale peut nous aider à mieux vivre aujourd’hui. J’ai voulu, sans détacher le regard de notre époque, dégager les grandes lignes de la pensée des Lumières, dans un va-et-vient constant entre le passé et le présent. » (L’esprit des Lumières)

Ce colloque accueillera les propositions qui, en considérant l’héritage de Voltaire et des Lumières au Québec, porteront (à titre de suggestions) sur :

  • de nouvelles perspectives historiques à propos de l’œuvre voltairienne et sa réception au Québec ;
  • une relecture des ouvrages marquants sur Voltaire et les Lumières parus au Québec : Séraphin Marion, Marcel Trudel, Jean-Paul de Lagrave, Benoît Melançon, etc.
  • une lecture des débats contemporains, portant en particulier sur la littérature et les autres productions symboliques ;
  • la notion de tolérance et ses récupérations idéologiques et politiques ;
  • l’appel à l’opinion publique, et les postures et procédés rhétoriques qui en découlent ;
  • la censure et la liberté académique ;
  • l’utilisation de la satire et de la polémique dans le débat public ;
  • les lectures critiques de Voltaire et des Lumières, de Voltaire à la radio canadienne à John Saul, Les bâtards de Voltaire.

Ce sont là évidemment des indications, et le comité d’organisation sera heureux de recevoir toute proposition qui se situe dans le cadre général du colloque.

Les personnes intéressées à proposer une communication doivent soumettre un projet d’au plus 300 mots avant le 1er octobre 2021. Le comité donnera une réponse au plus tard le 31 octobre.

À cette fin, veuillez communiquer avec Pierre Hébert :Pierre.Hebert@USherbrooke.ca

Le comité organisateur :

Bernard Andrès

Nicholas Dion

Pierre Hébert

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE

Andrès, Bernard, « Lumières encyclopédiques et lumière maçonnique au Québec aux XVIIIe et XIXe siècles », Interfaces Brasil/Canadá, vol. 12, no 15, 2012, p. 155-181. (en ligne) : https://periodicos.ufpel.edu.br/ojs2/index.php/interfaces/article/view/7225/5043

Burger, Baudoin, Petite histoire de la Franc-maçonnerie au Québec, Montréal, Louise Courteau, 2009.

Darnton, Robert, Pour les Lumières – Défense, illustration, méthode, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2002.

De Lagrave, Jean-Paul, Fleury Mesplet (1734-1794). Diffuseur des Lumières au Québec, Montréal, Patenaude éditeur, 1985.

La Gazette littéraire de Montréal 1778-1779, édition présentée par Nova Doyon, annotée par Jacques Cotnam, en collaboration avec Pierre Hébert, Québec, Presses de l’Université Laval, 2010.

Laric, Yanis, « À mort, les Lumières ! », Le blog de Yanis Laric, 20 avril 2020. (en ligne) : https://blogs.mediapart.fr/yanis-laric/blog/200420/mort-les-lumieres

Le Moine, Roger, Deux loges montréalaises du Grand Orient de France, Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa, 1991.

Marion, Séraphin, « Le voltairianisme dans la Gazette littéraire de Montréal », Les lettres canadiennes d’autrefois, Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa, 1940, t. III, p. 29-88.

Milborne, Alfred John Bidder, Freemasonry in the Province of Quebec 1759-1959, Knowlton / Québec, s.n., 1960.

« Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires » (en ligne) : http://decolonialisme.fr/?page_id=7

Pelland, Louis, Voltaire à la radio canadienne, éd. Joël Castonguay-Bélanger et Benoît Melançon, Montréal, Del Busso, 2013.

Saul, John, Les bâtards de Voltaire, Paris, Payot, 1993.

Sternhell, Zeev, Les anti-Lumières. Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide, Paris, Gallimard, 2010.

Trudel, Marcel, L’influence de Voltaire au Canada, Montréal, Fides, 1945 (2 t.).

Todorov, Tzvetan, L’Esprit des Lumières, Paris, Robert Laffont, 2006.

Appel à communications – Les années 1920 au Québec : reconfigurations de l’espace culturel et nouvelles modélisations littéraires, artistiques et médiatiques

Appel à communications – Les années 1920 au Québec : reconfigurations de l’espace culturel et nouvelles modélisations littéraires, artistiques et médiatiques


Université de Montréal
Les 10 et 11 mars 2022

English version follows.

Organisé par Stéphanie Bernier (CRILCQ-Université de Montréal), Vanessa Blais-Tremblay (CRILCQUniversité du Québec à Montréal, IREF), Caroline Loranger (CRILCQ-Université du Québec à Montréal) et Adrien Rannaud (Université de Toronto), dans le cadre des 60e journées d’étude de l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé (AQÉI).

Il est devenu courant de voir s’établir, dans le discours public, un parallèle entre l’époque contemporaine, marquée par l’actuelle pandémie de COVID 19, et la décennie 1920, au sortir de l’épidémie de grippe espagnole de 1918-1919. Si une telle comparaison appelle assurément son lot de nuances (Chabot, 2021), force est cependant de constater que l’espoir des lendemains qui chantent marque aussi le retour d’un imaginaire des « années folles » dans le discours public, chrononyme désignant une période caractérisée par un relatif essor économique, une effervescence sur le plan de la création artistique et culturelle, mais également durant laquelle germent déjà les inquiétudes qui éclateront au grand jour, au lendemain de la crise économique de 1929.

Profitant de cette résurgence des « années folles » dans l’imaginaire collectif actuel, le présent colloque invite les chercheurs et chercheuses en études littéraires et culturelles à revisiter la décennie 1920 au Québec. Cet événement s’inscrit dans la foulée des travaux du collectif La vie littéraire au Québec (Saint-Jacques et Robert [dir.], 2010), et des chantiers engagés autour de l’histoire de la vie culturelle (Cambron [dir.], 2012; Lefebvre, 2016), qui ont montré que les années 1920 sont empreintes d’un sentiment général, analogue à celui que nous connaissons aujourd’hui : l’impression de faire l’expérience d’un monde nouveau. Profondément marquée par le conflit mondial, la démocratisation de l’accès aux nouveaux médias (cinéma sonore, radio, gramophone), le développement de l’industrie du divertissement et par une redéfinition de la culture dans son ensemble, la décennie 1920 est celle du renouveau et de l’innovation. La presse, qui entame une période de maturation inédite à cette époque, accélère la circulation d’autres modes d’expression dans l’espace social et participe à leur implantation (Cambron et al. [dir.], 2018). Au même moment, le système éditorial professionnel se complexifie et permet de rejoindre des lectorats et des publics de plus en plus diversifiés (Michon, 1999). Cet élan original de stratification de l’espace culturel — ici entendu comme le champ global des pratiques littéraires et artistiques — est corrélé à des tentatives de reconfiguration à l’oeuvre dans les productions culturelles et médiatiques, causant des frictions entre le local et le mondialisé qui auront des conséquences majeures sur les discours artistiques, mais aussi sur les positions des acteurs et actrices dans le champ. Parmi les facteurs de redéfinition de la scène culturelle des années 1920, on retiendra l’implication de la communauté gaie dans les théâtres et les cinémas (Dagenais, 2017), le rôle de la communauté Noire dans le développement d’une scène jazz en effervescence à Montréal, et le lancement de la carrière de Mary Travers (La Bolduc), considérée comme la première autrice-compositrice-interprète populaire au Québec. La visibilité des femmes en tant que productrices et réceptrices d’un discours culturel (Savoie, 2014), l’apparition d’une nouvelle génération littéraire tournée vers l’individualisme (Robert, 1989), l’amorce d’un « âge de la critique » (Hébert [dir.], 1992; Cellard et Lambert [dir.], 2018), la circulation transfrontalière accrue des artistes et des oeuvres musicales (P. Bouliane, 2015), ainsi que les conséquences des « retours d’Europe » (Lacroix, 2014) forment également des phénomènes dont on a souvent saisi l’importance structurelle dans la décennie 1930, cette « première Révolution tranquille » au Québec (Dumont, 1978), mais sans parfois prendre acte que la première moitié de l’entre-deux-guerres constituait déjà le cadre de réalisation de plusieurs de ces processus.

Cent ans plus tard, le colloque « Les années 1920 au Québec : reconfiguration de l’espace culturel et nouvelles modélisations littéraires, artistiques et médiatiques » souhaite justement approfondir notre connaissance et notre compréhension de la décennie 1920 dans le cadre d’une histoire intégrée des pratiques littéraires, artistiques et médiatiques au Québec. Nous posons l’hypothèse que l’arrivée de technologies médiatiques novatrices, l’élargissement et la diversification des publics, et la mise en place de nouveaux rapports de concurrence, de complémentarité et de subordination entre les différentes instances de production, de médiation et de réception forment les trames principales de la redéfinition du champ culturel au Québec dans les années 1920. Comment s’opèrent ces transformations, selon quelles modalités de négociation économique, esthétique ou politique? Quels impacts ont-elles sur les pratiques d’écriture et de création artistique, ainsi que sur les trajectoires individuelles et collectives des divers agents culturels? Comment la nouvelle phase de mondialisation et le regain d’intérêt pour les pratiques folkloriques que connaît l’Occident dans les années 1920 se traduisent-ils dans le contexte culturel du Québec francophone et anglophone, urbain et rural, autochtone et immigrant?

C’est dans le sillage de ces réflexions que nous sollicitons des propositions portant sur le corpus québécois et issues des études littéraires et culturelles. Nous cherchons ici à renouer avec l’un des mandats de l’équipe « Penser l’histoire de la vie culturelle », celui de l’interdisciplinarité et de la mise en commun des savoirs historiques liés à la littérature, aux arts et à la culture. C’est à la lumière de ces échanges entre différents et différentes spécialistes que nous espérons saisir, de façon vaste et appuyée, la spécificité de la vie littéraire, artistique et culturelle au Québec et ses variations dans le contexte des « années folles ».

Les sujets suivants pourraient être abordés, sans s’y restreindre :
• La transformation des trajectoires littéraires, artistiques et culturelles dans les « années folles » : les repositionnements et les nouvelles stratégies d’acquisition et de pérennisation d’un capital symbolique/culturel/de visibilité au croisement de différents champs de forces (légitimité, acceptabilité, popularité)
• Perceptions, accueils et refus d’un « nouveau monde » : les traces d’une modernité en construction
• Transitions et transformations de la scène culturelle par le biais des nouveaux médias (cinéma sonore, radio, enregistrement sur disque)
• Gouvernance culturelle, pratiques artistiques sous-culturelles et contestataires
• Explorations de nouvelles avenues littéraires (génériques, thématiques, esthétiques) et négociations au sein d’un espace de liberté surveillée
• La configuration d’une francophonie nord-américaine en réseaux : les propositions mettant en lumière les échanges et flux entre les milieux littéraires, artistiques et culturels québécois et ceux de la francophonie canadienne (Ontario, Ouest) et américaine (Nouvelle-Angleterre) sont les bienvenues.

Les propositions de communications en français ou en anglais, comprenant un résumé d’environ 250 mots ainsi qu’une courte notice biographique, devront parvenir à Caroline Loranger (loranger.caroline@courrier.uqam.ca) par courriel d’ici le 5 juillet 2021. Les personnes dont les propositions seront retenues devront être membres de l’AQÉI au moment du colloque.

Call for papers – The 1920s: Reconfiguration of Cultural Space and New Models for Understanding Literary, Artistic and Media Production in Quebec

Université de Montréal
March 10-11, 2022

Organized by Stéphanie Bernier (CRILCQ-Université de Montréal), Vanessa Blais-Tremblay (CRILCQUniversité du Québec à Montréal, IREF), Caroline Loranger (CRILCQ-Université du Québec à Montréal) and Adrien Rannaud (University of Toronto) as part of the 60th Journées d’étude de l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé (AQÉI).

Parallels between the contemporary era, marked by the COVID-19 pandemic, and the « Roaring Twenties” which followed the Spanish flu epidemic of 1918-1919, can be heard with increasing frequency as the current sanitary crisis wears on. While such a comparison certainly calls for its share of nuances (Chabot, 2021), it is a similar longing for brighter days ahead that marks the return of the « Roaring Twenties » in public imagination—a chrononym designating a period characterized by significant economic, artistic and cultural effervescence on the one hand, but also one which gave rise to concerns that unfolded in the wake of the economic crisis of 1929.

Taking advantage of the resurgence of the « Roaring Twenties » in public discourse, the present conference invites researchers in literary and cultural studies to revisit the 1920s in Quebec. This event builds on the work of the La vie littéraire au Québec collective (Saint-Jacques and Robert [ed.], 2010) as well as on research on the history of cultural life in Quebec (Cambron [ed.], 2012; Lefebvre, 2016), which have shown that the 1920s were marked by a general feeling that is similar to the one we know today: the impression of experiencing a new world. Profoundly marked by world conflict, the democratization of access to new media (sound cinema, radio, gramophone), the development of the entertainment industry and the process of redefining culture as a whole, the 1920s decade is the one of revival, rethinking and innovation. The press, which began a period of unprecedented growth at that time, accelerated the circulation of other modes of expression in the social space and participated in their implementation (Cambron and al. [ed.], 2018). At the same time, the professional editorial system became more complex, which permitted the reach of a more diversified readership and public (Michon, 1999). This new stratification of the cultural space – understood here as the global field of literary and artistic practices – is correlated with attempts to reconfigurate cultural and media productions, which caused frictions between the local and the globalized that will not only have major consequences on artistic discourses but also on the positions of actors in the field. Among the factors redefining the cultural scene of the 1920s in Quebec, we note the involvement of the gay community in theaters and cinemas (Dagenais, 2017), the role of the Black community in the development of a burgeoning jazz scene in Montreal, and the launch of Mary Travers’s career (La Bolduc), considered the first woman popular singer-songwriter in Quebec. The visibility of women as producers and receivers of cultural discourse (Savoie, 2014), the emergence of a new literary generation oriented toward individualism (Robert, 1989), the beginning of an « age of criticism » (Hébert [ed.], 1992; Cellard and Lambert [ed.], 2018), the increased cross-border circulation of artists and musical works (P. Bouliane, 2015) and the consequences of « returns from Europe » (Lacroix, 2014) also form phenomena whose structural importance has often been grasped in the 1930s, that « first Quiet Revolution » in Quebec (Dumont, 1978), but without sometimes acknowledging that the first half of the interwar period already constituted the framework for the realization of many of these processes.

One hundred years later, the colloquium « The 1920s: Reconfiguration of Cultural Space and New Models for Understanding Literary, Artistic and Media Production in Quebec » aims to deepen our understanding of the 1920s within the framework of an integrated history of literary, artistic and media practices in Quebec. We hypothesize that widened access to new media, the enlargement and diversification of audiences, and the establishment of new relationships of competition, complementarity and subordination between the different instances of production, mediation and reception, form the main framework for the redefinition of the cultural field in Quebec in the 1920s. How did these transformations take place? According to which modalities of economic, aesthetic or political negotiation? What impact did they have on artistic activity, as well as on the individual and collective trajectories of various cultural agents? How was the new phase of globalization and the renewed interest in folklorein the West in the 1920s reflected in the cultural context of francophone and anglophone, urban and rural, indigenous and immigrant communities in Quebec?

It is in the wake of these reflections that we are soliciting proposals on Quebec arts and culture in the 1920s in a way that seeks to revive the interdisciplinary mandate of the « Penser l’histoire de la vie culturelle » team. In light of these exchanges, we hope to grasp the specificity of literary, artistic and cultural life in Quebec across a broad range of practices during the « Roaring Twenties”.

The following topics could be addressed, without being restricted to them:
• The transformation of literary, artistic and cultural trajectories in the « Roaring Twenties »: repositioning and new strategies of acquisition; perpetuation of a symbolic/cultural/visibility capital at the crossroads of different fields of forces (legitimacy, acceptability, popularity)
• Perceptions, reception and refusal of a « new world » ; tug-of-war for modernity’s meanings
• Transitions and transformations of the cultural scene through new media (sound cinema, radio, recording)
• Cultural governance, subcultural and protest-related artistic practices
• Explorations of new artistic and literary avenues (generic, thematic, aesthetic) and negotiation within a space of controlled freedom
• The configuration of a North American francophonie in networks: proposals highlighting the exchanges and circuits between the literary, artistic and cultural francophonie of Quebec, of the ROC (Ontario, the West, etc.), of the United-States (New England) and others are welcome.

Those interested in submitting a paper (in French or in English) are invited to send an abstract (250 words) and a short biography to Caroline Loranger (loranger.caroline@courrier.uqam.ca) by July 5th, 2021. Those whose proposals are accepted must be members of the AQÉI at the time of the conference.

Références
CAMBRON, Micheline (dir.) (2012), dossier « L’indiscipline de la culture », Globe. Revue internationale d’études québécoises, vol. 15, n° 1-2, p. 13-382.
CAMBRON, Micheline, Myriam CÔTÉ et Alex GAGNON (dir.) (2018), Les journaux québécois d’une guerre à l’autre. Deux états de la vie culturelle québécoise au XXe siècle, Québec, Codicille, coll. « Premières approches », 380 p.
CELLARD, Karine et Vincent LAMBERT (dir.) (2018), Espaces critiques. Écrire sur la littérature et les autres arts au Québec (1920-1960), Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « Cultures québécoises », 394 p.
CHABOT, Simon (2021), « À nous d’écrire l’histoire », La Presse, 28 février, [en ligne], https://www.lapresse.ca/societe/2021-02-28/un-an-de-pandemie/apres-la-pandemie-le-beautemps. php (consulté le 5 mars 2021).
DAGENAIS, Dominic (2017), Culture urbaine et homosexualité : pratiques et identités homosexuelles à Montréal, 1880-1929, thèse de doctorat, Université du Québec à Montréal, 403 p.
DUMONT, Fernand (1978), « Les années 30. La première Révolution tranquille », Idéologies au Canada français 1900-1939, Québec, Presses de l’Université Laval, p. 1-20.
HÉBERT, Pierre (dir.) (1992), dossier « L’âge de la critique 1920-1940 », Voix et images, vol. 17, n° 2, p. 166-247.
LACROIX, Michel (2014), L’invention du retour d’Europe. Réseaux transatlantiques et transferts culturels au début du XXe siècle, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « Cultures québécoises », 348 p.
LEFEBVRE, Marie-Thérèse (dir.) (2016), Chroniques des arts de la scène à Montréal durant l’entre-deux-guerres. Danse, théâtre, musique, Québec, Septentrion, coll. « Cahiers des Amériques », 323 p.
MICHON, Jacques (dir.) (1999), Histoire de l’édition littéraire au Québec au XXe siècle, t. 1 : La naissance de l’éditeur, 1900-1939, Montréal, Fides, 488 p.
P. BOULIANE, Sandria (2015), « Introduction au dossier : Vie musicale amateur, populaire et américaine à Montréal, 1918-1958 ». Mens. Revue d’histoire intellectuelle et culturelle, vol. 16, n°1 (automne), p. 7-20.
ROBERT, Lucie (1989), L’institution du littéraire au Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « Vie des lettres québécoises », 272 p.
SAINT-JACQUES, Denis et Lucie ROBERT (dir.) (2010), La vie littéraire au Québec, t. 6 : Le nationaliste, l’individualiste et le marchand, 1919-1933, Québec, Presses de l’Université Laval, 748 p.
SAVOIE, Chantal (2014), Les femmes de lettres canadiennes-françaises au tournant du XXe siècle, Montréal, Nota Bene, coll. « Essais critiques », 243 p.

Appel à communications – « D’explorations éditoriales en balbutiements numériques : la poétique du support pour cadrer une préhistoire des pratiques littéraires numériques au Québec »

59e journée d’échanges scientifiques de l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé en collaboration avec Littérature québécoise mobile

D’explorations éditoriales en balbutiements numériques : la poétique du support pour cadrer une préhistoire des pratiques littéraires numériques au Québec

Université Laval, 5 novembre 2021

Si, à bien des égards, l’entrée dans la culture numérique donne l’impression d’une rupture nette avec les pratiques culturelles des siècles – voire des décennies – qui l’ont précédée, le monde des ordinateurs et des écrans met pourtant en évidence des continuités fortes entre la culture imprimée et celle, marquée par la présence du numérique, qui est la nôtre aujourd’hui. C’est notamment lorsque l’on pense le fait littéraire en termes de supports et de matérialité que ces lignes de traverse apparaissent.

Les études sur la culture imprimée et médiatique des XIXe et XXe siècles, inscrites dans une perspective d’histoire culturelle, ont récemment insisté sur le rôle fondamental des supports dans la production, la diffusion et la réception de la littérature. Comme le suggérait avec force Marie-Ève Thérenty, « [après] des années d’occultation par la discipline des conditions matérielles de production de la littérature, l’histoire littéraire est peut-être aujourd’hui en mesure de substituer à sa triade : auteur, lecteur, texte, un nouveau quarté : auteur, lecteur, texte, support » (2009, p. 111).

Que l’on pense aux différents formats du livre ou à ses dehors – à la presse imprimée, aux objets et livres d’art, aux ondes hertziennes, aux multiples écrans, aux performances et installations éphémères en arts littéraires, aux cassettes, aux disquettes, aux CD-ROM, … – le support est tout à la fois l’interface matérielle dont les paramètres orientent et contraignent l’écriture et le vecteur du texte qui le porte jusqu’à son récepteur. De façon plus diffuse, chaque support concentre également un ensemble de représentations, il active un imaginaire spécifique de la matérialité du texte, contre ou avec lequel la littérature peut, à chaque époque, élaborer ses formes.

S’appuyant sur ces réflexions, la 59e journée d’échanges scientifiques de l’AQEI, organisée en partenariat avec Littérature québécoise mobile, invite les chercheurs et chercheuses à interroger la diversité des supports investis par la littérature québécoise entre les décennies 1960 et 1990, ainsi que les dispositifs matériels et techniques qui leur sont associés. Au cours de cette période prénumérique, pendant laquelle la naissance et la popularisation des premiers ordinateurs ont bouleversé tant les sciences naturelles que la psychologie cognitive ou le monde des lettres et de l’édition, on s’intéressera tout particulièrement aux supports qui précèdent la littérature numérique et commencent à l’élaborer.

Avant les fictions interactives pour applications mobiles qui se développent aujourd’hui, avant même les liseuses électroniques, le ePub et le livre numérique homothétique maintenant largement répandus, quels supports et dispositifs les auteurs, autrices et autres acteurs ont-ils investis pour inventer des formes littéraires dont les caractéristiques – telles que la construction rhizomatique, l’interactivité, le recours à d’autres systèmes sémiotiques que le texte imprimé – renouvellent le langage littéraire et préfigurent la littérature numérique ?

Le champ couvert par cette question est vaste, allant des explorations de type oulipien, basées sur des logiques combinatoires, jusqu’aux œuvres littéraires sur CD-ROM, en passant par la littérature sonore, les installations et performances littéraires ayant recours à des dispositifs techniques variés (machines, écrans, procédés automatisés, etc.).

Au-delà des supports prénumériques, les participants sont toutefois également invités à envisager, très largement, la diversité des pratiques littéraires liées à des explorations éditoriales sur des supports autres que le livre. Les propositions pourront ainsi porter sur les objets d’art et la contre-culture – on peut penser par exemple à L’anti-can (1969) de Roger Soublière, un ensemble de poèmes contenus dans une boîte de conserve – comme sur les supports sériels et médiatiques (presse, supports bon marché et littérature en fascicules).

Les propositions de communication, qui devront se concentrer sur le contexte québécois des années 1960 à 1990, pourront s’inscrire dans l’un des axes suivants, sans restriction :

Le support comme laboratoire des poétiques littéraires

  • En quoi les contraintes et spécificités médiatiques liées à chaque support infléchissent-elles l’écriture et constituent-elles un stimulant ou un obstacle pour la création littéraire ?
  • Autrement dit, quelles sont les manifestations poétiques de chaque support ? En quoi se distinguent-elles des caractéristiques poétiques induites par le livre imprimé ? En quoi permettent-elles des explorations parentes avec la littérature numérique ?
  • Quel imaginaire du support est véhiculé par les œuvres à différentes époques ? Comment l’imaginaire du support est-il incorporé dans le langage littéraire ? Que révèle-t-il de la littérature et de ses représentations ? En quoi ces imaginaires du support s’articulent-ils à des conceptions de la littérarité ?

Auctorialité, énonciation et dispositifs éditoriaux

  • Que fait le support à l’auteur, à sa parole, à sa corporéité et à son autorité ?
  • Quelle est la part de l’intervention de la machine ou du dispositif (ex. procédés d’automatisation, sélection aléatoire, intelligence artificielle, rupture de la linéarité) ou celle du lecteur/auditeur/spectateur dans l’élaboration et le rendu de l’œuvre ?
  • Quels autres acteurs que l’auteur sont mobilisés par la production de l’œuvre ? En quoi la marque du collectif intervient-elle pour encadrer, présenter, diffuser le texte ? On pourra interroger par exemple le rôle de l’« énonciation éditoriale » (Souchier, 1998) et de l’« éditorialisation » (Vitali-Rosati, 2017a) en ce sens. On pourra aussi étendre la notion de « publication » hors du monde du livre (comme le suggèrent Rosenthal et Ruffel, 2018).
  • Dans quelles séries, dispositifs éditoriaux et ensembles architextuels l’œuvre, hors du livre canonique, vient-elle s’inscrire ? Comment ceux-ci influent-ils sur les poétiques littéraires ?

La sociologie du support et la réception

  • Quelle place dans le champ littéraire occupent ces œuvres – ainsi que leurs créateurs et créatrices – faisant appel à des supports distincts de la forme canonique du livre ? Hors du Livre, la littérature est-elle toujours perçue et reçue comme telle ?
  • Quels enjeux de légitimité et de reconnaissance se dessinent autour des supports ?
  • Peut-on établir des liens entre la position des agents dans le champ littéraire et l’investissement d’un support plutôt qu’un autre ? Les pratiques littéraires contre-culturelles, par exemple, ou encore celles d’auteurs débutants ou appartenant à des groupes minoritaires s’approprient-elles des supports spécifiques ?
  • Parce que la maîtrise de chaque support nécessite l’acquisition de codes et d’une forme particulière de littératie, quels obstacles pose la formation des récepteurs à la diffusion de la littérature faisant appel à des supports nouveaux ou inhabituels ?

Enjeux mémoriels et historiographiques

  • En raison des transformations rapides et de l’obsolescence des technologies, quels défis et difficultés se dessinent autour de la pérennité, de l’archivage et de la mémoire des œuvres littéraires hors du livre ?
  • Quelle place les institutions patrimoniales, comme les bibliothèques, ont-elles réservée à la littérature qui investit d’autres supports que le livre ? Comment les collections peuvent-elles être repensées pour mieux refléter la variété des pratiques littéraires aux côtés du livre imprimé ?
  • Quelles traces reste-t-il des œuvres disparues, éphémères, obsolètes ? Comment peut-on les intégrer à une histoire des pratiques littéraires ?
  • En quoi l’histoire des supports de la littérature depuis les années 1960 peut-elle fournir des leçons ou des pistes de réflexion pour assurer la pérennité de la littérature numérique ?
  • Quelles continuités apparaissent dans l’exploration des supports et les matérialités du texte des années 1960 à la littérature numérique ?

Les réflexions issues de cette journée d’échanges scientifiques se veulent un point de départ pour l’un des chantiers de recherche de Littérature québécoise mobile, qui vise à établir l’histoire des pratiques littéraires numériques au Québec. Littérature québécoise mobile (https://lqm.uqam.ca/) est un projet de recherche en partenariat alliant des universitaires et des organismes culturels ; il est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

*

Les propositions de communications en français, comprenant un titre, un résumé d’environ 300 mots et une courte notice biographique, doivent être envoyées par courriel à lqm.quebec@gmail.com avant le 31 mai. Les participant·e·s recevront une réponse au plus tard à la fin du mois d’août.

Selon les consignes sanitaires en vigueur, la journée du 5 novembre se déroulera sur place, à distance ou selon une formule hybride. Les communications d’une durée de 20 minutes seront suivies d’une période de questions de 10 minutes.

Les participantes et participants devront être membres de l’AQÉI avant la journée scientifique. Veuillez consulter la page « Adhésion » pour toute information concernant le processus d’adhésion ou d’inscription.

Comité d’organisation
René Audet, professeur, Université Laval
Sophie Marcotte, professeure, Université Concordia
Mélodie Simard-Houde, professeure, Université du Québec à Trois-Rivières

Bibliographie indicative

BEAUDRY, Guylaine (2013), « Prologue d’une histoire de l’édition numérique au Québec », Papers of the Bibliographical Society of Canada, 51 (2), 49-81.

BERNIER, Stéphanie, Sophie DROUIN et Josée VINCENT (dir.) (2013), Le livre comme art. Matérialité et sens, Québec, Éditions Nota bene.

BLANC, Julie (2020), « Timeline of technologies for publishing (1963-2018) », http://recherche.julie-blanc.fr/timeline-publishing/

DURAND, Pascal et Christine SERVAIS (dir.) (2017), L’intervention du support : médiation esthétique et énonciation éditoriale, Liège, Presses universitaires de Liège.

JEANNERET, Yves et Emmanuël SOUCHIER (2005), « L’énonciation éditoriale dans les écrits d’écran », Communication et langages, (145), 3-15.

LAROSE, Karim et Frédéric RONDEAU (dir.) (2016), La contre-culture au Québec, Montréal, Presses de l’Université de Montréal.

LETOURNEUX, Matthieu (2017), Fictions à la chaîne. Littératures sérielles et culture médiatique, Paris, Éditions du Seuil.

MICHON, Jacques (dir.) (2010), Histoire de l’édition littéraire au Québec au XXe siècle, vol. 3 : La bataille du livre, 1960-2000, Montréal, Fides.

ROSENTHAL, Olivia et Lionel RUFFEL (dir.) (2018), dossier « La littérature exposée (2) ». Littérature, (192).

SAEMMER, Alexandra (2007), Matières textuelles sur support numérique, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne.

SOUCHIER, Emmanuël (1998), « L’image du texte. Pour une théorie de l’énonciation éditoriale », Les Cahiers de médiologie, (6), 137-145.

THÉRENTY, Marie-Ève (2009), « Pour une poétique historique du support », Romantisme, 143 (1), 109-115, https://doi.org/10.3917/rom.143.0109

VITALI-ROSATI, Marcello (2017a), « Pour une définition de l’éditorialisation », Études digitales, 1 (3), 39-54.

VITALI-ROSATI, Marcello (2017b), « Littérature papier et littérature numérique, une opposition ? », Actes du colloque « Internet est un cheval de Troie », Fabula. Colloques en ligne, https://www.fabula.org:443/colloques/document4191.php

Journée d’étude « Henri Tranquille »

C’est avec plaisir que nous vous invitons à la 58e journée d’échanges scientifiques de l’AQÉI, consacrée à Henri Tranquille. Organisé par Stéphanie Bernier (U. de Montréal) et Anthony Glinoer (U. de Sherbrooke), l’événement aura lieu le 30 avril 2021 de 9h15 à 11h45 (EST). Nous vous convions à venir entendre les communications de Sophie Dubois, Anthony Glinoer, Julien Vallières et Stéphanie Bernier. Pour plus de détails, veuillez consulter le programme complet de la journée ci-dessous.

Notez que l’assemble générale annuelle de l’AQÉI aura lieu tout de suite après la journée d’étude, à 11h45.

La participation à la journée d’échanges scientifiques est gratuite, mais il est nécessaire de s’inscrire à l’avance en remplissant le formulaire à cet effet. La veille de l’événement, vous recevrez un lien vous permettant de vous connecter à la plateforme Teams.

Journée d’étude « L’édition de fortune et de nécessité »

0001C’est avec plaisir que nous vous invitons à la 57e journée d’échanges scientifiques de l’AQÉI, consacrée aux pratiques éditoriales spontanées, occasionnelles et circonstancielles. Nous vous convions à venir entendre les communications de Sophie Drouin, Sophie Dubois, Philippe Rioux, Maël Rannou, Lucie Hotte et Mélissa Labonté. La journée se terminera par une conférence de Denis Saint-Amand. Pour plus de détails, veuillez consulter le programme complet de la journée, que vous trouverez ci-dessous.

Nous vous rappelons que la journée d’échanges scientifiques aura lieu en ligne, sur la plateforme Microsoft Teams, le 27 novembre 2020 de 9h30 à 15h.

La participation à la journée d’échanges scientifiques est gratuite, mais il est nécessaire de s’inscrire à l’avance en remplissant le formulaire à cet effet. La veille de l’événement, vous recevrez un lien vous permettant de vous connecter à la plateforme Teams.

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Appel à communications pour la journée d’automne 2020

« L’édition de fortune et de nécessité »

57e journée scientifique de l’AQÉI
Les 26 et 27 novembre 2020, Longueuil (campus de l’Université de Sherbrooke)

***

À l’occasion de la 57e journée scientifique de l’AQÉI, les chercheuses et chercheurs de toutes disciplines sont invités à réfléchir aux pratiques éditoriales occasionnelles, improvisées et circonstancielles en contexte canadien.

L’histoire du livre a démontré au cours des trois dernières décennies que le métier d’éditeur se situe au croisement des sphères entrepreneuriale, culturelle et sociale (Michon 1999). Or, bien que ce constat décrive parfaitement la figure et le rôle de l’éditeur professionnel tel qu’il apparaît en France et au Québec au début des XIXe et XXe siècles respectivement, il ne rend pas tout à fait compte des activités éditoriales spontanées, temporaires. Certes plus marginaux, ces projets souvent portés par des éditeurs dilettantes – des libraires, critiques et intellectuels qui ne font pas de l’édition leur priorité – ont comme impulsion fréquente un sentiment d’urgence, de devoir à accomplir. Qu’il s’agisse de la revue Fermaille, née (et morte) durant la grève étudiante du printemps 2012, ou des Éditions Mithra-Mythe, fondées expressément pour la publication du célèbre Refus global, ces entreprises ad hoc se posent ainsi en porte-voix aussi nécessaires qu’inespérés.

L’autoédition est sans doute l’exemple le plus connu des pratiques propres à « l’édition hors édition » (Habrand 2016). Les avancées techniques et technologiques récentes contribuent effectivement à sa popularité, comme en témoigne la prolifération des plateformes web mises à la portée des auteures et auteurs (Bouquinbec, Kickstarter, Bookelis…). Mais entre l’autoédition et l’édition professionnelle se déploie aussi un éventail d’activités moins bien définies, qui répondent à des besoins et qui poursuivent des mandats aussi spécifiques que ponctuels. Pensons à l’Association catholique des Voyageurs de commerce de Trois-Rivières, qui commandite en 1935 des bandes dessinées québécoises afin de lutter contre la prolifération des comics strips américains dans les journaux de la province. Pensons encore aux libraires Bernard Amtmann et Jean Gagnon, qui publient à l’occasion revues et catalogues dédiés à la promotion et à la diffusion du livre ancien au Canada (Short-Title Catalogue of Canadiana, Abacus, Canadian Notes and Queries, Les Cahiers de bibliologie). Citons enfin le cas de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, qui revêt temporairement le chapeau d’éditeur littéraire pour encourager, à l’aide de concours tenus de 1916 à 1919, l’émergence de la littérature québécoise.

En se penchant sur les pratiques qui ont cours en marge des trois modes de publication traditionnels (l’édition professionnelle, l’autoédition et l’édition à compte d’auteur; BAnQ 2019), ce colloque a donc pour objectif d’analyser les structures éditoriales provisoires, éphémères, et leur production imprimée afin de comprendre comment elles s’insèrent dans l’histoire de l’édition.

Les propositions de communication pourront s’inscrire dans l’un des trois axes suivants, entre autres :

1. Les agents

 

  • Quel est le profil des éditrices et éditeurs occasionnels? Comment leur parcours professionnel ou personnel les conduit-il à l’édition?
  • Qui sont les auteures et auteurs qui profitent des structures éditoriales improvisées? Dans quelles sphères évoluent-ils (politique, littéraire, scolaire, journalistique, etc.)? Pourquoi confient-ils leurs textes à des éditeurs plus ou moins expérimentés?
  • Quels sont les agents (maquettiste, imprimeur, distributeur) qui se chargent de la confection matérielle et de la diffusion-distribution des imprimés?
  • Comment se déroulent les relations entre agents impliqués dans l’édition de fortune et de nécessité? Les auteurs et éditeurs entretiennent-ils des rapports bienveillants ou conflictuels?

 

2. Les publications

 

  • Comment le paratexte est-il influencé par ces pratiques éditoriales? La qualité matérielle des ouvrages est-elle affectée? Le discours paratextuel adopte-t-il une forme et un contenu particuliers?
  • Quels sont les supports (le livre, le journal, le fascicule) et les genres (le roman, l’essai, l’article) privilégiés par les éditeurs de fortune? Les choix faits à cet égard sont-ils contraints par les ressources humaines et financières dont disposent les producteurs?
  • Quel est l’impact de ces pratiques éditoriales sur le contenu des publications? Ce dernier est-il le résultat d’une plus grande liberté octroyée aux auteures et auteurs? Souffre-t-il de l’inexpérience de l’instance éditoriale?

 

3. Les catalyseurs

 

  • Quels sont les mandats (culturels, professionnel), les idéologies (religieuses, politiques, identitaires) et les événements sociaux et politiques qui motivent ces pratiques éditoriales?
  • L’édition de fortune et de nécessité relève-t-elle d’initiatives personnelles, institutionnelles, gouvernementales, etc.?
  • Quelles sont les ambitions des producteurs? Entre le simple passe-temps et la tentative (ratée ou réussie) d’entrer dans le milieu de l’édition, où se rangent leurs pratiques?

 

Les propositions de communications en français, comprenant un titre, un résumé d’environ 300 mots et une courte notice biographique, doivent être envoyées par courriel à Philippe Rioux (philippe.rioux@usherbrooke.ca) et Anthony Glinoer (anthony.glinoer@usherbrooke.ca) avant le 1er août 2020. Les communications d’une durée de 20 minutes seront suivies d’une période de questions de 10 minutes.

 

Les participantes et participants devront être membres de l’AQÉI avant la journée scientifique. Veuillez consulter la page « Adhésion » pour toute information concernant le processus d’adhésion ou d’inscription.

 

Organisateurs :

 

Anthony Glinoer, professeur, Université de Sherbrooke
Philippe Rioux, stagiaire postdoctoral, Université de Sherbrooke

 

 

Bibliographie indicative :

 

Bernier, Stéphanie, Drouin, Sophie et Josée Vincent (dir.), Le livre comme art. Matérialité et sens, Québec, Éditions Nota Bene, 2013.

 

Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Petit guide de l’autoédition au Québec. Quand l’auteur devient éditeur, Québec, 2019.

 

Bouvaist, Jean-Marie et Jean-Guy Boin, Du printemps des éditeurs à l’âge de raison. Les nouveaux éditeurs en France (1974-1988), Paris, La Documentation française – Sofedis, 1989.

 

Brogowski, Leszek, Éditer l’art : le livre d’artiste et l’histoire du livre, Chatou, Éditions de la Transparence, 2010.

 

Coupry, François, L’Anti-éditeur, Paris, Éditions Hallier, 1976.

 

Darnton, Robert, Édition et Sédition. L’univers de la littérature clandestine au xviiie siècle, Paris, Gallimard, coll. « nrf essais », 1991.

 

Dony, Christophe, Habrand, Tanguy et Gert Meesters (dir.), La bande dessinée en dissidence / Comics in Dissent, Liège, Presses Universitaires de Liège, 2014.

 

Durand, Pascal et Yves Winkin, « Des éditeurs sans édition. Genèse et structure de l’espace éditorial en Belgique francophone », Actes de la recherche en Sciences sociales, vol. 130, n° 1, 1999, pp. 48-65.

 

Habrand, Tanguy, « L’édition hors édition : vers un modèle dynamique. Pratiques sauvages, parallèles, sécantes et proscrites », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 8, no 1, automne 2016, https://www.erudit.org/fr/revues/memoires/2016-v8-n1-memoires02805/1038028ar/.

 

Labonté, Mélissa, Faire maille. L’engagement poétique de la revue Fermaille au printemps 2012, Québec, L’instant même, « Trajectoire », 2017.

 

Lacroix, Michel, « Sociopoétique des revues et l’invention collective des « petits genres » : lieu commun, ironie et saugrenu au “Nigog” et à “La Nouvelle Revue française” », Mémoires du livre / Studies in Book Culture, vol. 4, no 1, 2012.

 

Michon, Jacques (dir.), Histoire de l’édition littéraire au Québec au XXe siècle, Tomes I-III, Montréal, Fides, 1999, 2004, 2010.

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[REPORTÉ] Journée d’étude « Henri Tranquille »

L’ÉVÉNEMENT EST REPORTÉ À UNE DATE ULTÉRIEURE.

Organisée par Anthony Glinoer et Stéphanie Bernier, la 56e journée d’échanges scientifiques de l’AQÉI portera sur la figure du libraire Henri Tranquille, dont la contribution à la vie littéraire sera analysée sous toutes ses coutures. La journée aura lieu le 1er mai 2020, à l’Université de Sherbrooke. Le programme final sera disponible sous peu.

En attendant, vous pouvez consulter le programme provisoire de la journée :

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Tous les détails sur la journée d’étude de l’automne 2019

« De La Revue moderne à Châtelaine : 100 ans de magazines au Québec »

Pour sa 55e édition, la journée d’échanges scientifiques de l’AQÉI a été un succès! Placée sous le thème de l’histoire des magazines au Québec, afin de souligner le centième anniversaire de La Revue moderne, devenue aujourd’hui Châtelaine, cette journée a été l’occasion pour neuf chercheuses et chercheurs de présenter l’avancée de leurs recherches. Marie-Pier Luneau (U. de Sherbrooke) et Jean-Philippe Warren (U. Concordia) se sont questionnés sur les fonctions du magazine Histoires vraies, avant de laisser la parole à Nicholas Giguère (U. de Sherbrooke), qui a présenté le magazine Fugues, et plus largement le genre des périodiques gais au Québec. Les présentations suivantes ont abordé les titres La Revue moderne (Adrien Rannaud, U. de Toronto) et Paysana (Valérie Bouchard et Jocelyne Mathieu, U. Laval), en portant une attention particulière au concept de modernité tel que présenté par ces publications.

Après une présentation de Michèle Lefebvre sur les collections numériques détenues par Bibliothèque et Archives nationales du Québec, la journée s’est close avec des sujets aussi variés que les adaptations du radioroman Rue principale (Caroline Loranger, UQAM), la contribution des écrivains canadiens au magazine Gastronomie (Julien Vallières-Gingras, U. McGill) et la présence de Châtelaine sur les réseaux sociaux (Emmanuelle Pelard, U. du Luxembourg).

L’équipe de l’AQÉI tient à remercier tous ceux et celles qui ont participé à cette journée, que ce soit en présentant une communication, en présidant une séance ou en assistant à la journée d’étude. Nous remercions tout spécialement notre président, Adrien Rannaud, qui a organisé la journée de main de maître!

Vous pouvez consulter le programme détaillé de la journée ci-dessous.

DES HISTOIRES VRAIES ? DES ROMANS ROMANESQUES ? PREMIÈRES RÉFLEXIONS SUR LES FONCTIONS DU MAGAZINE HISTOIRES VRAIES

Marie-Pier Luneau (U. de Sherbrooke) et Jean-Philippe Warren (U. Concordia)

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« SYNONYME DE DIVERTISSEMENT ET D’ÉVASION » ? : LE GENRE DU MAGAZINE GAI AU QUÉBEC

Nicholas Giguère (U. de Sherbrooke)

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UNE « MAISON MODERNE » POUR LA REVUE MODERNE : MAGAZINE, CONSOMMATION ET CULTURE MOYENNE DANS LES ANNÉES 1930

ADRIEN RANNAUD (U. de Toronto)

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VIE RURALE ET MODERNITÉ DANS LA REVUE PAYSANA (1938-1949)

Valérie Bouchard (U. Laval) et Jocelyne Mathieu (U. Laval)

IMG_0209BANQ NUMÉRIQUE… OU LA DEUXIÈME VIE DES MAGAZINES QUÉBÉCOIS

Michèle Lefebvre (BAnQ)

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LIRE RUE PRINCIPALE DANS RADIOMONDE : LE MAGAZINE COMME LIEU D’UNE EXPÉRIENCE DE LECTURE PARTICULIÈRE À SON FORMAT

Caroline Loranger (UQAM)

IMG_0221LA SOCIÉTÉ DES ÉCRIVAINS CANADIENS PASSE À TABLE : COLLABORATIONS LITTÉRAIRES AU MAGAZINE GASTRONOMIE DE 1946 À 1950

Julien Vallières-Gingras (U. McGill)

IMG_0233CHÂTELAINE EN PARTAGE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX : LE MAGAZINE COMME « TROISIÈME LIEU » POUR LES QUÉBÉCOIS.E.S

Emmanuelle Pelard (U. du Luxembourg)

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Journée d’étude « De La Revue moderne à Châtelaine : 100 ans de magazines au Québec »

Affiche Journée d étude 100 ans de magazinesLa journée d’étude De La Revue moderne à Châtelaine : cent ans de magazines au Québec aura lieu le vendredi 18 octobre prochain, au local J-4225 de l’Université du Québec à Montréal. Elle réunira des chercheurs de disciplines variées, qui aborderont des périodiques tous plus différents les uns des autres, tels que PaysanaGastronomie et La Revue moderne, fondée en novembre 1919, qui souligne cette année ses cent ans d’existence. Ouvert à toutes les approches disciplinaires pertinentes (études littéraires et culturelles, histoire, communication, sociologie, etc.), l’événement sera l’occasion d’échanger collectivement autour d’un type de périodique populaire, le magazine, et de plusieurs titres significatifs de son évolution dans l’histoire des médias.

En plus des sept communications présentées par les chercheurs, une présentation sera offerte par Michèle Lefebvre, au sujet des collections numériques de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Voici le programme détaillé de la journée :

ProgrammejournéemagazinesAu plaisir de vous y voir!

Appel à communications pour la journée d’automne 2019

De La Revue moderne à Châtelaine : 100 ans de magazines au Québec
55e journée scientifique de l’AQÉI
Vendredi 18 octobre 2019, Montréal

Selon Denis Saint-Jacques et Marie-José des Rivières, « le magazine représente un de ces médias de masse mis au point en Amérique et qui tombent sous le coup des critiques de l’École de Francfort » (Saint-Jacques et des Rivières, 2013). En d’autres termes, la presse magazine, à l’instar de la télévision ou de la chanson populaire, ne méritait, il n’y a pas si longtemps encore, qu’une lecture d’ordre idéologique, souvent biaisée, et où la notion d’ « industrie culturelle » rimait avec aliénation. L’analyse du processus historique de naissance et de développement du magazine au Québec ne pouvait toutefois se satisfaire d’un tel primat, d’autant plus que le vent des cultural studies, à la fin du siècle dernier, invitait à renverser les canons et à s’approprier les corpus marginalisés et, forcément, tenus pour illégitimes par l’institution universitaire. Dorénavant, on peut difficilement adhérer à l’image unidimensionnelle du magazine en diable, sorte de support manipulateur qui pousserait les lecteurs et lectrices vers une consommation facile, à moindre coût et s’accommodant fort bien avec l’hégémonie. À bien y regarder, ces périodiques illustrés et souvent adressés aux femmes représentent des ensembles discursifs et pratiques plus complexes, tiraillés entre, d’un côté, des enjeux économiques et idéologiques évidents, et de l’autre côté, le souci de se distinguer de la masse médiatique et, surtout, des périodiques mensuels américains de même calibre.

La fondation, l’évolution et l’action médiatique de La Revue moderne (1919-1960), puis de sa successeure Châtelaine (publié depuis 1960) marquent cet essor des magazines au Québec, depuis le tournant du xxe siècle jusqu’aux années 2000. Tel est, en tout cas, le constat qui émerge d’une observation de la vaste littérature critique publiée au sujet des deux périodiques. En effet, par leur longévité, leurs tirages et leur relatif succès, La Revue moderne et Châtelaine ont suscité l’intérêt de plusieurs chercheurs et chercheuses en leur qualité de document historique d’abord, puis de vecteur de changement dans la vie littéraire, intellectuelle et culturelle et enfin, dans la perspective de l’histoire littéraire et culturelle de la presse, en tant qu’ensemble de pratiques, lieu de production de discours et support matériel.

C’est en tenant compte de ces perspectives, et dans une volonté de célébrer le centenaire du premier numéro de La Revue moderne (novembre 1919), que l’Association québécoise pour l’étude de l’imprimé (AQÉI) invite les chercheurs et les chercheuses à réfléchir autour de l’histoire du magazine au Québec, depuis le début du xxe siècle jusqu’à nos jours. Ouvert à toutes les approches disciplinaires pertinentes (études littéraires et culturelles, histoire, communication, sociologie, etc.), l’événement sera l’occasion d’échanger collectivement autour d’un type de périodique populaire, le magazine, et de plusieurs titres significatifs de son évolution dans l’histoire des médias. Nous sollicitons entre autres des propositions portant sur les collections intégrales de périodiques rendues accessibles gratuitement par Bibliothèque et Archives nationales du Québec à l’adresse suivante : http://numerique.banq.qc.ca/ressources/details/RJQ.

Sans constituer une liste exhaustive, les éléments suivants pourront fournir des pistes de réflexion :

– Dans la foulée des réflexions de François Ricard (1991) et de Faye Hammill et Michelle Smith (2015), on pourra se pencher sur les rapports qu’entretiennent le populaire et le savant au sein des magazines. Comment cette tension facilite-t-elle l’émergence d’une position moyenne (au sens de middlebrow) dans le régime médiatique moderne ?

– De par sa périodicité, le magazine conditionne un ancrage spécifique de la publication dans le réel. Quels choix opère-t-il dans son traitement de l’actualité ? Quels genres médiatiques mobilise-t-il pour informer ? Finalement, quelle expérience du temps propose-t-il ?

– En tenant compte des récents travaux sur la presse et la vie culturelle (Cambron et al. (dir.), 2018), en quoi les magazines peuvent-ils constituer une caisse de résonance de la culture littéraire et artistique au Québec ? Comment ont-ils contribué aux transformations et à la stratification de la culture aux xxe et xxe siècles ? Dans un même ordre d’idées, on portera une attention particulière aux rapports qu’entretiennent les périodiques mensuels avec l’histoire de la culture visuelle (iconographie, recours à la photographie, identité graphique).

– Dans la perspective d’une histoire du genre (gender) et des médias, il sera possible d’interroger la partition du magazine à la lumière de l’axe masculin/féminin et de ce que cela suppose en termes de représentations de la différence sexuelle.

– Enfin, on pourra réfléchir aux rapports qu’entretient le magazine avec l’engagement sur la place publique, dans la foulée des travaux de Marie-José des Rivières sur le féminisme de Châtelaine (1992); il sera aussi pertinent de questionner les liens qui existent entre la forme du magazine et celle de la revue.

Les propositions de communications (d’une durée de 20 minutes) devront comprendre un titre, un résumé (max. 300 mots) et une courte notice biobibliographique, et devront parvenir au plus tard le lundi 15 juillet 2019 à l’adresse suivante : adrien.rannaud@gmail.com.

Les participants et participantes devront être membres de l’AQÉI avant la journée scientifique. Veuillez consulter le site internet de l’AQÉI pour toute information concernant le processus d’adhésion ou d’inscription.

Organisateur : Adrien Rannaud, CRILCQ – Université du Québec à Montréal

 

Bibliographie indicative

Bédard, Caroline (2011), « L’expérience quotidienne des Québécoises francophones pendant la Deuxième Guerre mondiale vue à travers La Revue populaire et La Revue moderne ». Rapport de recherche de maîtrise, Montréal, Université du Québec à Montréal.

Bernier, Stéphanie (2017), « De prince des poètes à prince des ondes radiophoniques : étude de la trajectoire de Robert Choquette à la lumière d’une poétique historique des supports », Mémoires du livre, vol. 8, n° 2, [En ligne], https://www.erudit.org/fr/revues/memoires/2017-v8-n2-memoires03051/1039704ar/.

Blandin, Claire (dir.) (2018), Manuel d’analyse de la presse magazine, Paris, Armand Colin.

Cambron, Micheline, Myriam Côté et Alex Gagnon (dir.) (2018), Les journaux québécois d’une guerre à l’autre. Deux états de la vie culturelle québécoise au xxe siècle, Québec, Codicille éditeur, coll. « Premières approches ».

Chamberland, Line (1982), « La Revue moderne, 1945-1960 : une analyse de la presse féminine commerciale au Québec ». Mémoire de maîtrise, Montréal, Université de Montréal.

Couégnas, Daniel (2018), Fiction et culture médiatique à la Belle Époque dans le magazine Je sais tout (1905-1914), PULIM, coll. « Médiatextes ».

Coulombe, Danielle (1981), « La femme des années trente : une image dans Chatelaine et les pages féminines du Country Club et de La Revue Moderne, 1929-1939 ». Mémoire de maîtrise, Ottawa, Université d’Ottawa.

Feyel, Gilles (2001), « Naissance, constitution progressive et épanouissement d’un genre de presse aux limites floues : le magazine », Réseaux, vol. 19, n° 105, p. 19-51.

Hammill, Faye et Michelle Smith (2015), Magazines, Travel and Middlebrow Culture. Canadian Periodicals in English and French, 1925-1960, Edmonton, University of Albert Press.

Lavoie, Elzéar (1986), « La constitution d’une modernité culturelle populaire dans les médias au Québec (1900-1950) », dans Yvan Lamonde et Esther Trépanier (dir.), L’avènement d’une modernité culturelle au Québec, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, p. 253-298.

Pleau, Jean-Christian (2006), « La Revue moderne et le nationalisme, 1919-1920 », MENS, vol. 6, n° 2, p. 205-237.

Rannaud, Adrien (2017), « La Revue moderne, creuset de la littérature en régime médiatique dans les années 1950 », Cahiers de la Société bibliographique du Canada, vol. 55, n° 2, p. 335-358.

–––– (2018), « Femmes, célébrité et magazine : la fabrique d’une culture médiatique au féminin vue à travers les exemples du Mois de Jovette et de Véro magazine », dans Julie Beaulieu, Adrien Rannaud et Lori Saint-Martin (dir.), Génération(s) au féminin et nouvelles perspectives féministes, Québec, Codicille éditeur, coll. « Prégnance », p. 211-240.

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